arton1383

Bien que paru il y a plus d'un an, je ne me suis attaqué que dernièrement à ce pavé, sur de sa solide réputation (je l'ai même offert à un ami pour noël dernier).

Synopsys :

Tous les Hindous vous le diront, pour se débarrasser de ses péchés, il suffit de se laver dans les eaux du Gangâ, dans la cité de Vârânacî.

   Et, en cette année 2047, les péchés ce n'est pas ce qui manque : un corps aux ovaires prélevés glisse doucement sur les eaux du fleuve ; des intelligences artificielles se rebellent et causent de tels dégâts qu'une unité de police a été spécialement créée pour les excommunier.

   Gangâ, le fleuve des Dieux, dont les eaux n'ont jamais été aussi basses, se rue vers un gouffre... conceptuel, technologique, évolutionnaire – ou peut-être tout cela à la fois. 

A travers le kaléidoscope de neuf destins individuels interconnectés, Ian McDonald dresse le portrait d'une Inde future, mais aussi d'une Terre future, où tout n'est que vertige.Souvent considéré outre-Atlantique et outre-Manche comme le roman de science-fiction le plus important des quinze dernières années, Le Fleuve des dieux a reçu le British Science fiction Award et a été finaliste du prestigieux Prix Hugo. (présentation de l'éditeur)

Critique :

Dans cet épais roman, nous suivons plusieurs destins, de celui de Lisa Durnau, chef de projet d'Alterre une réalité virtuelle, M. Nanada flic Krishna chargé d'exterminer les IA de trop haut niveau rebelles à celle de Vishram Ray ancien humoriste et nouveau président de Ray Power R&D, de Tal le neutre - ni homme ni femme, modifié chirurgicalement et génétiquement - ou à celle plus anecdotique de Shiv, petit caïd des bas-quartiers. Très vite, on se retrouve avec une intrigue politique d'un coté - Tal ayant fricoté avec un homme politique puissant et Nadja une jeune journaliste le révéle au monde grâce à un informateur  -, une intrigue policière - M. Nanda poursuit une IA de haut niveau rebelle plutôt mystérieuse -, des manoeuvres économico-financières - Vishram se retrouvant de but en blanc propulsé président d'une branche de l'entreprise familiale scindée entre ses frères et lui et aux prises avec des requins de la finance voulant lui racheter celle-ci, avec dans l'ombre un intriguant investisseur. De plus, le gouvernement américain requiert l'aide de Lisa Durnau pour retrouver un ancien amant spécialiste de l'intelligence artificielle pour comprendre un artefact vieux de plusieurs milliards d'années trouvé dans un météorite l'espace.

Bref on ne comprend pas trop au départ comment ces destins vont se rejoindre, mais l'auteur plante son décor avec tout le décorum indien avec comme guest-star Vârânasî la capitale du Bhârat, ses odeurs, ses coutûmes, ses dieux et son Histoire. Mais Dieu que la mise en place de l'histoire est longue ! J'ai d'ailleurs failli arrêter au bout de 60 pages (à peine 10% du roman), mais heureusement la vision de l'Inde futuriste de Ian McDonald vaut son pesant d'or. C'est ce qui m'a poussé à continuer et bien m'en a pris : après un démarrage un peu poussif (le temps de tout mettre en place donc), nous nous retrouvons avec différentes intrigues captivantes, dont une guerre pour l'eau et l'implication d'IA à différents niveaux. Nos différents personnages sont d'ailleurs souvent les jouets de ces fameuses IA invisibles. Nous nous doutons bien que l'auteur n'a pas mis en place un tel contexte géopolitique et une si belle démonstration technologique de notre possible futur pour le garder en arrière plan. Et nous sommes happés par l'intrigue, cohérente et menée tambour battant, de ce mélange d'anticipation et de culture indienne dépaysante pour nous.

Sans vouloir dévoiler la fin du roman, je dois dire que j'ai retrouvé dans ce roman le meilleur de l'anticipation : un peu de Blade Runner façon indienne avec M. Nanda, un peu des manga AppleSeed et Ghost in the Shell avec ses robots de combat et ses drones manipulés à distance et une touche de Zelazny avec les différents avatars en forme de Dieux Hindous. Il y a pire comme référence. Pour finir, ce roman n'est pas de la SF selon moi, mais bien une vision de ce que nous réserve notre futur. J'attend donc avec impatience les prochains romans de Ian McDonald annoncés pour fin 2012 pour continuer à rêver de notre futur.

Note : 4/5

NicK.