Moon_Harsh_MistressPour continuer le challenge SSWIII de Lhisbei, je vais vous parler de ma dernière lecture d'un classique de la SF.

Synopsis :

Manuel Garcia O'Kelly est le meilleur informaticien de Luna City. C'est à lui que l'on confie l'entretien de MYCROFT, dit Mike, le superordinateur chargé de gérer la quasi-totalité des systèmes de survie de la colonie pénitentiaire. La Lune est en effet peuplée de détenus ou de leurs descendants, envoyés là par la Terre sans aucun espoir de retour. D'autant que Mike prédit la disparition de la colonie lunaire à plus ou moins brève échéance. Il ne reste plus aux Lunatiques qu'à se rebeller contre l'autorité terrienne. Et, aidé par son ordinateur devenu une entité consciente, Manuel va se retrouver, bien malgré lui, à la tête de la révolte. Une révolte? Non, une révolution. Quatrième des romans de Robert Heinlein à avoir obtenu le prix Hugo, Révolte sur la Lune est un grand roman de science-fiction, mêlant habilement histoire, science, réflexion politique et aventure.

Robert A. Heinlein (1907-1988) est une des figures essentielles de la science-fiction américaine, aux côtés d'Asimov et de Bradbury. Son Histoire du futur, ensemble de romans et de nouvelles décrivant l'évolution de l'humanité dans les siècles à venir, figure parmi les plus grandes fresques du genre comme Fondation, ou Les Seigneurs de l'Instrumentalité de Cordwainer Smith.

(Présentation de l'éditeur)

Critique :

Je ne vais pas faire une critique au sens habituel mais plutôt une chronique de lecture. Pourquoi ? Des gens bien plus savants que moi  et connaissant l'auteur en ont déjà fait des tonnes (par exemple Ugo Bellagamba). Je ne peux pas les citer tous (mais Nébal en fait une bonne analyse et cite le dit Ugo [il est bien Nébal !]) et donner tous les liens (on peut quand même se référer à Wikipedia ICI).

Ceci étant posé, je vais vous avouer que ma première impression est que le roman a vieilli. Les idées sont bonnes mais le tout est traité de façon mécanique, un peu trop manichéenne et old school. De plus, l'opposition des terriens est très faible (ils ont oublié leur cerveau et n'ont pas d'ordinateurs pour analyser la situation ni d'IA pour les conseiller, bizarre)(tout le monde ne peut pas s'appeler Egan et avoir un niveau technique aussi imposant mais quand même)(bref il y a un problème, j'ai eu l'impression qu'au niveau technique on reste dans les années 60). Mon principal reproche est mon exaspération suite aux nombreux camarades, gospovitch, tovaritch et autres termes "communisants" (en gros ça m'a gonflé sur les dernières 400 pages).

Par contre il y a tout le reste et là je me suis régalé. Les principes et thèmes présentés sont nombreux. Sans être exhaustif, je vais parler de ceux qui m'ont le plus marqué :

  • Les Hommes libres et les forçats : oui la lune est devenue une prison mais les descendants des prisonniers ne sont pas renvoyés sur terre. Cela me rappelle la colonisation du nouveau-monde au sens large (avec l'Australie en tête) et la fuite des pauvres et persécutés vers des terres "libres". On ne parle pas des forçats ou très peu dans le roman mais de leurs descendants en théorie "libres".
  • Le mépris des terriens envers les sélénites : alors que la terre n'a pas de gouvernement unifié et n'a pas vraiment évolué (j'ai adoré la Dictature d'Amérique du Nord, un gouvernement raciste et de bouseux, proche des caricatures des américains dans certains films d'aujourd'hui), la lune se dote d'un gouvernement élu et démocratique (ou presque) très rapidement. J'y vois (encore) un parallèle entre l'ancien continent et les nouvelles colonies du XVI et XVIIième siècles.
  • La répartition hommes/femmes et l'organisation des familles : on sent l'influence du libertarisme chez l'auteur. Il prône la liberté individuelle avant tout, les individus sont libres de s'associer comme ils l'entendent et de faire affaire comme ils le souhaitent. Par exemple, du fait de la répartition homme /femme de 2/1, on constate l'apparition des mariages multiples, ce qui est sans équivalent à ce que je connais.
  • La place prépondérante voire tyranique de l'Autorité Lunaire : elle décide de tout sur le marché officiel, du prix de l'eau à prix d'achat du blé et exploite toutes les ressources possibles pour le compte de la Terre. On est bien loin

Mais Révolte sur la Lune, c'est surtout l'histoire d'une révolution qui réussit. C'est une révolution qui me fait rêver. J'aimerai bien des changements semblables à notre époque (je pense aux multinationales toutes puissantes et aux milliardaires financiers qui dictent leurs lois aux peuples de la Terre)(je songe aussi aux réflexions sur les impôts de Mannie)

Et pour finir, je vous donnerai un lien vers l'article de mon poteau qui fait le parallèle entre Gundam et le roman (ouais !!!) avec comme thème de fond la conquête spatiale... Un régal. Bref, je me suis bien amusé avec ce pavé qui accuse le poids des ans, mais aborde certains thèmes intéressants transposables dans notre société actuelle.

Note : 4/5

NicK.

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