J'ai enchaîné deux livres coup sur coup de mon auteur français préféré. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi il y en a un que j'ai aimé plus que les autres.

Women in Chains

WinChains

 Synopsis : 

Petite pentalogie des violences faites aux femmes

Mexique : Juárez. La ville monstre dévore ses femmes. Leurs souffrances et leur sang nourrissent des cauchemars si anciens que la mémoire des hommes les a oblitérés.

Allemagne : Un eros-center. Cinq étages sans ascenseur, plaisir hâté pour luxure tarifée. La romance qui naîtrait dans ces murs ne pourrait que se poursuivre dans la folie et la violence.

Groenland : L’hiver est le dernier refuge de Cassandra. La désolation glacée pour couver l’oubli. L’oubli de soi et du pouvoir de trop en voir.

Afghanistan : Nous sommes les violeurs. Mercenaires et touristes. Toubib, Bobbie, Goran, le Juif et l'Australien... En mission, mystiques, égarés. Nous sommes les violeurs. Nous sommes les libérateurs.

France : Les poings qui vengent, les pistons qui rendent les coups. Tous les coups silencieux de la lâcheté des hommes. La revanche extraordinaire sur la violence ordinaire.

Auteur d'une douzaine de romans, Thomas Day signe ici une petite pentalogie des violences faites aux femmes. Cinq récits aux frontières du réel, qui interpellent, choquent ou font réfléchir.

Critique :

(ça arrache le slip et c'est pas plus mal)


Thomas Day est un de mes auteurs français préférés, je ne m'en cache pas. Ce que j'aime chez lui : l'action, la violence et le sexe, le tout très cru, sans fard. Un style bref et concis, des univers variés.

Cette fois, je n'ai pas été surpris, j'avais déjà lu la nouvelle sortie dans le Bifrost (Nous sommes les violeurs) et celle concernant le Mexique (La Ville féminicide). Je savais que les sujets seraient trash. A part la dernière nouvelle du recueil un poil en dessous des autres, j'ai aimé les 4 autres nouvelles.

La Ville féminicide mélange mafia russe, ambiance de ville frontière et culte aztèque (ou maya). C'est violent et c'est cynique. 

Eros-Center, ou l'histoire de traite d'africaines et une histoire d'amour à l'eau de rose. Le héros atteint le bonheur mais pas celui qu'il espérait (petit pied de nez que j'apprécie). L'histoire est complètement déstructurée ce qui lui donne un aspect moins lisse. Très sympa.

Tu ne laisseras point vivre... Une jeune femme isolée dans le Groënland qui essaye d'échapper à ses visions (ou son destin, voire sa malédiction ?). Une femme qui a des envies sexuelles débridées (c'est brut de béton sur ce plan là)(on dirait un mauvais porno). C'est classique comme final mais pour une fois c'est une femme qui est la plus délurée. (mention spéciale pour Cachou)

Nous sommes les violeurs : le viol comme arme de guerre avec l'accord des nations, comme arme contre la drogue et surtout les trafiquants. Les auteurs et les rescapées de ces viols racontent... C'est brut mais cela fait réfléchir sur jusqu'où irons-nous pour arrêter un fléau ? En utiliser un autre pire ? Et les conséquences dans tout ça ?

Poings de suture : la nouvelle qui m'a laissé le moins de souvenir. Une histoire de femme battue. Bof, bof. 

Du Sel sous les Paupières

 

Synopsis : Du-sel-sous-les-paupieres

Saint-Malo, 1922. Sous la brume de guerre qui recouvre l’Europe depuis la fin de la Grande Guerre, Judicaël, seize ans, tente de gagner sa vie en vendant des illustrés. Mais, pour survivre et subvenir aux besoins de son grand-père, il lui arrive de franchir légèrement les bornes de la légalité. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Mädchen. Et lorsque celle-ci disparaîtra, Judicaël fera tout pour la retrouver, en espérant qu’elle n’ait pas croisé la route d’un énigmatique tueur d’enfants surnommé le Rémouleur.

 

Thomas Day livre avec Du sel sous les paupières une fresque mêlant uchronie, steampunk et fantasy mythologique. Une bouleversante histoire d’amour et d’amitié, un conte de fées qui nous entraîne des remparts de Saint-Malo à la mythique forêt de Killarney, en passant par Cork et Guernesey. (Présentation de l'éditeur)

Critique :

(ça prend aux tripes au début et c'est mignon à la fin)

[Spoilers inside]

Changement de décor : Saint-Malo dans un univers moitié fantastique, moitié steampunk, moitié réaliste. Deux adolescents pauvres et un peu paumés, un Überespion (avec de vrai morceaux germaniques dedans) mécanique, une base secrète. On est loin des univers habituels sévèrement burnés de l'auteur. Et c'est tant mieux car cela montre la diversité de style de Thomas Day. L'auteur nous avertit d'ailleurs de suite : ce roman est dédié à son premier fils. Est-ce un roman jeunesse pour autant ? Oui car les personnages principaux sont des adolescents gentils (naïfs ?). Et non car les scènes de violence et de sexe sont présentes mais largement édulcorées (dommage :P).

Alors pourquoi j'ai moins aimé ce roman que le livre précédent ? A cause de petits détails.

Le roman est bien dans l'ensemble, j'adore la fin avec le monde féérique et tout (mention spéciale au sacrifice dans la cage). Le problème se situe au niveau du rocambolesque (le passage dans la base secrète m'a herissé) et du classicisme de l'histoire (je connaissais la fin 50 pages avant d'y arriver) et du coté un peu guimauve de l'histoire d'amour (question de goût).

Conclusion :

Pour finir, cela faisait un petit bout de temps que j'attendais les nouvelles oeuvres de Thomas Day. J'ai eu deux livres avec double effet : Pan dans ma face pour le premier et une plus douce caresse pour le second. Je redemande particulièrement du premier. ;-)

Note : 4/5 (+) et 4/5 (-).

NicK.